Confinement : texte de Bruno Angrand

Le confinement à la Perec (sans ‘e’) :

La disparition ? Non !

Un virus s’abat sur nous, abrupt, froid, dur, un vrai salaud. Il brandit sa faux. Il produit la mort. Il nous croit soumis à son pouvoir. Il court à nous, un à un il nous abat, il croit qu’il nous aura. Il nous voit souffrir, vomir, courir hors du confort où nous vivons, à la fin mourir. Il nous voit disparus, vaincus, foutus, d’un mot : morts.

Fuirons-nous ? Non ! Subirons-nous la disparition ? Non, non ! Mourrons-nous ? Dix fois, vingt fois non ! Comptons nos « Non » par millions, par milliards ! Non au virus, au coronavirus, au Covid-19, au SARS-Cov-2 ! Disons-lui non, disons-lui qu’il a tout faux sur nous !

Montrons-nous plus forts, plus gais, plus vivants. Nous vivons aujourd’hui ? Alors nous vivrons toujours ! Soyons ni plus ni moins qu’humains.
A Paris, à Bombay, à Shanghai, à Lima, à Hanoi, à Ottawa, à Boston, partout soyons plus unis, plus grands, plus forts.

D’accord, il y aura toujours cris, froid, morts, mais nous vivrons toujours. Il y aura nos sols, sous quoi dormiront corps, sang, os, tant d’animaux, tant d’humains morts sous l’action du virus.

S’il faut, nous partirons jusqu’à Orion, si loin qu’il n’y aura pas plus loin.
Où nous irons, il y aura tout : quartz, plomb, or, zinc, silicium, cristaux, bijoux, joyaux, rubis, lapis- lazuli, diamants. Où nous irons, il y aura pour nous nourrir maïs, riz, soja, oignons, topinambours, choux, rutabagas, artichauts, pois ou haricots ; thym, romarin, basilic, champignons ; citron, raisin, abricot, noix kiwi ou ananas ; jusqu’au pavot dont on fait l’opium. Où nous irons, il y aura aussi chats, poulains, lapins, loups, koalas, girafons, souris, pangolins, ours, oursons ou oursins, jusqu’aux lions. Où nous irons, il y aura surtout nous : français, anglais, magyars, chinois ou japonais issus d’horizons lointains ; incroyants, juifs, musulmans, parpaillots, sikhs, saints ou maudits ; noirs, blancs, tous unis, chacun pour chacun son cousin, son prochain.

Fonçons : lançons nos kayaks, nos avions, nos autos, nos chariots, nos sous-marins, tous nos transports à l’assaut du virus maudit. Brandissons nos arcs, nos fusils, nos canons, harpons, kriss, bâtons, faux ou tromblons. Garnissons nos sacs d’outils : vis, clous, burins ou rabots, coins, mandrins, crocs ou compas. Usons d’arts martiaux, pugilat, judo, aikido, tir à l’arc, jusqu’au catch, au MMA.

Combattons ! Mais avant tout, nous n’avons qu’un cri à brandir : à l’assaut ! Sus au virus ! Pour qu’à la fin il n’y ait plus qu’un mot : la VIE !

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