Confinement : texte de Benoit Lheure

Les choses qui…

Il y a dans les infos un nouveau mot
Il y a ce nouveau mal : le confinement
Il y a ce corps que j’habite
Ce corps en représentation,
Corps de bienvenue à mon travail,
Corps passé sous la douche et qui sent le propre,
Corps habillé d’une chemise avenante et d’une barbe aiguisée à 4 millimètres
Corps devenu outil de travail avec son dos fatigué et une hanche souffreteuse
Corps machine avec ses doigts noueux et ses épaules de lutteur déglingué
Il y a les années qui ont coulé dessus
Il y a les souvenirs des caresses
Il y a l’honneur à taire leur manque
Et ce jour qui a mis mon corps face à mon esprit
Ce jour où la solitude m’a regardé droit dans les yeux
Ce jour où tu remplis les heures ou le petit écran t’avale
Ce jour où tu te gaves de chocolat ou tu arroses ton plancher de suées
Ce jour où mon cerveau détonne; « A qui je parle de ce que je lis…. !!??? »
C’est un nouveau jour et mon corps a demandé sa part
Sa part de décider plus fort que mon esprit de décision
Sa part d’étirer ce qui reste étirable
Sa part d’écouter le bien-être encore à goûter
Sa part à respirer et à oublier le reste
Sa part à écouter du rock, du piano classique et de la new-wave
Par moment une éternité s’impose, il n’y a rien à faire
Par moment rien ne me repose et tout mon intérieur explose
Par moment le téléphone sonne et je me raconte comme un enfant sortant de l’école
Par moment l’air me somme et mes jambes s’agitent dans les rues désertes
Par moment je croise un autre humain qui me dit bonjour mais qui s’écarte
Au bout d’un moment je rejoins l’éternité cachée derrière ma porte
Au bout du soir serai-je fatigué ?
Au bout de la nuit y aura-t-il le sommeil ?
A la fin de la nuit aurai-je le gout du jour ?
A chaque heure suffit sa peine .

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