Confinement : texte de Mary

Une lettre de Mary

De la planète Corona,
le 15 mars 2082

Cher Philémon,

Il y a bien longtemps que je n’ai pas noirci du papier. Je prends donc ma plume pour vous donner quelques nouvelles.

Le confinement que vous vivez sur votre planète Terre n’a rien à voir avec notre planète Corona puisqu’il n’a pas lieu d’être.
Nous avons la chance d’avoir une nature généreuse. Le printemps fait éclater les bouquets de fleurs. Nous avons des massifs de genêts, des parterres de tulipes, du muguet dont les clochettes sonnent la pureté de l’air. Vous n’ignorez pas que chez nous il n’y a pas de voiture, seulement des ânes et des chevaux mais la plupart d’entre nous se déplacent principalement à pied. Le ciel azur fait mal aux yeux. Impossible de bouger sans chapeau. C’est le printemps, chez vous également pourtant rien à voir avec notre luxuriance.

Et oui, nous avons le bonheur d’aller et de venir au gré de nos envies. A ce sujet, je suis allée rendre visite à Gildas votre ami. Il va bien. Il occupe son temps à ôter les pâquerettes et les pissenlits de son jardin. Saviez vous qu’il projette de fabriquer un mini golf. Alors hors de question d’apercevoir du blanc ou du jaune sur la pelouse. Il m’a demandé de vous saluer car trop occupé pour vous écrire.Aujourd’hui quelques voisins musiciens ont organisé un concert sans instrument, entre nous, ils ne sont guère nécessaires tant le chant des oiseaux nous enchante. Ils disent la liberté d’être, la beauté de la nature, la sérénité.

La fontaine du jardin gazouille. Le bruit de l’eau adoucit la chaleur. 28 degrés me transforme en lézard sur mon transat.

Au travers de mes satellites je vous regarde. Je suis effrayé car vos villes semblent inanimées, il y a bien quelques égarés, des queues devant les magasins d’alimentation, quelques joggeurs mais la vie s’en est allée. Phénomène que je ne comprends pas.Nous avons la veine de voir, même si c’est petit, les microbes se voient à l’oeil nu, pas besoin de microscope. Et vous, avec vos batteries de matériel, vos grands scientifiques, vous n’appréhendez pas la bactérie qui vous empoissonne. Impensable chez nous. Comme personne ne la voit, il vous est impossible de m’en faire parvenir un échantillon. J’aurais pu vous éclairer ou du moins vous donner mon avis.

Corona est un homonyme, rien à voir avec votre covid 19, les autres covids de 1 à 18 ne sont pas fait remarquer. Chez nous aucun souci, pas de maladie, des centenaires à la pelle, du travail pour tout le monde. Corona est une petite île colonisée pas les incas en 1412, les coraux y abondent, les cétacés s’y régalent. La côte très découpée est dangereuse, conséquence il n’y a pas de baigneur. La perfection n’existe pas, il nous faut bien quelques désagréments. Située entre les îles Trinidad et les îles Ascension, Corona passe inaperçu dur la carte, juste un minuscule point.Nous vivons de la pêche à la langouste et de la capture du requin. Chez nous comme au Japon, il n’y a pas de quotta. Et c’est permis. Rassurez vous nous ne mangeons pas de requin bleu. C’est une espèce protégée.

Question moral, il est au beau fixe. je longe les chemins côtiers pour découvrir la flore et la faune. J’ai aperçu des craves au bec rouge sang et des zantédeschias, très ressemblants à vos arums. C’est rigolo car ils sont blancs également. Mon métier est de compter les oiseaux mais comme j’aime les fleurs, je comptabilise les deux.Je vous envoie donc plein de bonnes pensées et d’ondes positives pour passer ce cap de confinement.

Maxime du jour : qui dit virus ne dit pas corona, ni covid
2ème maxime : qui dit corona ne dit pas c’est sympa
3ème pour terminer : Comme elle est venue, elle repartira.
En attendant cette heureuse fin, prenez soin de vous.
Je vous bise affectueusement.

Bien à vous
Votre ami Quentin

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