Confinement : texte de Virginie

Texte écrit autour de la ligne 15 de la page 130 du livre lu actuellement

Au revoir là haut, Pierre Lemaitre

« Elle ne se permit pas de sourire, évidemment, l’occasion ne s’y prêtait pas, mais elle était calme »

Elle était calme. elle s’était apprêtée toute la matinée. Pour la circonstance. Elle voulait être la plus belle.
Séduisante.
Attirante.
Désirable.
Elle avait maquillé ses yeux, pour en souligner la profondeur, l’évidence, la douceur, l’élégance.
Elle avait choisi sa robe la plus charmante, ou charmeuse, c’est selon; la couleur noire pour souligner l’attrait de la beauté de son corps; la taille cintrée pour souligner son ventre plat, ses fesses fermes et avenantes, ses seins voluptueux et gourmands.

Elle était calme, mais tellement en rage à l’intérieur d’elle.
Tellement furieuse, en colère qu’elle sentait ses muscles, ses os, son visage, ses lèvres se consumer
Elle sentait bien que cette haine en elle la faisait souffrir. Et c’est de cette souffrance que naissait ce calme apparent. Car, après tout, elle avait toutes les raisons d’être affectée.

Même si la jalousie est un mauvais défaut, cela peut s’entendre que de fulminer quand l’amour de sa vie part ….

l’Amour de sa vie. Que dire de plus? Que cet amour a été foudroyant, immédiat, inattendu aussi. Cet amour, si tendre, si certain, si proche, si doux était réel et partagé sincèrement.
Comment a-elle pu ne pas voir qu’il s’estompait ? Oh, si, bien sur qu’elle le voyait. Ou alors, Non, il ne s’est pas estompé. Elle s’est juste trompée depuis le début. Peut être même qu’elle a été trompée depuis le début et qu’elle ne voulait pas voir.
Tous ces doutes…. c’est insupportable. Quelle faute a-t-elle commis ?pourquoi y a-t-elle cru ? Elle, qui d’ordinaire ne s’attache pas, elle, qui d’ordinaire met à distance- bien loin-
elle, qui d’ordinaire, n’est pas si ordinaire.
Se laisser tromper par l’illusion de l’amour…. non mais quelle quiche!

Pour tous ces tourments, elle ne souriait pas.
Trop de pensées.
Trop de maux.
Trop de bruit.
Trop de gens aussi.
Ils étaient partout, tout autour. Prés du buffet, une coupe de champagne à la main, tout sourire. A montrer leurs belles dents refaites parfaitement contre un simple chèque.
Qu’ils soient vieux, qu’ils soient jeunes, ils étaient tous laids.
Tous feignants d’être ravis d’être là, de se retrouver, de s’embrasser, de parler d’eux entre eux.

Mais pourquoi était-elle venue ?
Pourquoi s’infliger ce désagrément ?
Pour libérer la haine ?
Pour se convaincre de la fin ?
Pour voir une dernière fois l’amour de sa vie ?
Pour tout cela ?

Oui, elle avait très envie de revoir son Amour une dernière fois. Pour se rappeler son regard, sa voix, ses mains, sa silhouette. Toutes ces choses qu’on oublie pas.
Revoir son Amour et pouvoir se quitter en paix.

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